“Jardin extraordinaire ou jardin thérapeutique:
Un jardin pour la rêverie et, pour celle qui l’a conçu, un jardin pour la création: où chaque plante trouve sa place singulière, où chaque fleur enrichit la palette des couleurs, où les allées serpentent librement et où, parfois, un petit pont est jeté sur l’eau d’un ruisselet.
Poésie et ordonnancement s’y rejoignent.
Surtout si l’invention vient exhaler l’imaginaire. Et alors qquels bienfaits en attendre, pour celui qui travaille à maintenir un équilibre, une beauté? Et pour celui qui cherche au détour d’une dépression, à retrouver précisément un équilibre et le sens d’un monde dont la beauté s’était éloignée.
Comment, en somme, ce bienfait de la nature et du jardinier peut-il se transformer en moyen de faire du bien?
On connait, en psychiatrie, l’avantage de tout ce qui concourt aux conditions d’une vision plus optimiste de la vie. Cette vie qui blesse et peut se montrer cruelle par moment, possède aussi, à travers la nature qui l’exprime, un pouvoir “extraoridnaire” de régénération. Tout ce qui est “extraordinaire” nous emmène loin du quotidien prosaïque, pour nous plonger dans la rêverie, celle qui déporte l’imagination vers des réalités plus douces, plus faciles à supporter.
A chacun de trouver dans la grande nature qui nous entoure et dont nous sommes faits, les mille recettes qui font du bien.
On nous dira que c’est un peu facile de nier la réalité et de recourir aau rêve, mais notre complexion naturelle l’a prévu: ne sommes-nous pas faits pour l’éveil et le sommeil, pour le jour et la nuit, pour vivre à la fois la réalité et le rêve qui n’est, tout compte fait, qu’une façon d’interprêter le réel.
Un jardin qui aide à vivre et à guérir c’est, comme on le dit, un jardin thérapeutique qui agit sur le psychisme en l’incitant à y projeter tout ce qu’une intelligence du monde est capable d’y découvrir. Car il y a toujours, hors de toute croyance, une transcendance qui nous travaille et guide nos espérances.
Entre Héros et Tanatos, pourquoi ne pas nous pencher sur le jardin de nos rêves, plutôt vers la vie loin des pulsions de mort? Il se trouve que, dans la nature, rien ne meurt vraiment et que tout s’y transforme toujours.
Irons-nous jusqu’à dire, comme Proust, qu’il vaut mieux rêver sa vie que la vivre”? Il y a de la provocation à le dire, mais c’est un peu ce que nous faisons, instinctivement, pour éviter la souffrance.
Etre fidèle à la vie est inéluctable pour vivre. C’est pourquoi, dépassant Monsieur de la Palisse, nous dirons plutôt que les actes de nos vies et les intentions qui les déterminent doivent se conjoindre dans une harmonie où la beauté doit se révéler.
C’est cette beauté qui aide et qui soigne.
Un très beau jardin, un jardin extra-ordinaire, est une oeuvre artistique et l’occasion d’un regard apaisé.
Goethe disait que “l’idéal de beauté est un idéal de simplicité et de sérénité”.
“Interroge la douceur de la terre, la douceur des mers…”, disait Saint-Augustin “…interroge toutes ces choses et elles vont te répondre”.
Interrogez donc votre jardin, conçu et voulu pour la beauté, nul doute qu’il vous répondra à la manière dont la nature, lorsqu’on la découvre en sa splendeur, sait apaiser les âmes.
Dorteur Paul Béquart, Neurospychiatre.
Préface de “Jardin de Senteurs à Mirabel” par Corine de Royer
VISITE DU JARDIN LE 14 JUIN 09 entre 10h et 18hdans le cadre des Jardiniers de France “Bienvenue dans mon jardin”
JARDIN DE SENTEURS À MIRABEL
Respirer une fleur c’est déjà boire à la source du bonheur.
Palettes de senteurs multiples et infinies, exhalées par la chaleur du soleil ou la fraîcheur de la nut: autant d’émotions qui nnos invitent au monde du jardin, terrain de jeux de l’indicible, de la petite enfance et des grands saints.
Emmanations que l’homme a essayé de capter, de piéger par enfleurage, macérations, distillations, expression, en les collectant dans un flacon depuis qunze siècles avant Jésus-Christ, pour les traduire en parfums cosmétiques.
Créer un jardin de senteurs, c’est écrire sur la terre et dans l’air une partition volatile, jouée par des fleurs qui connaissent la musique depuis la nuit des temps.
C’est mettre en scène des acteurs qqui dans l’inspire, vont réunir en un instant les deux hémisphères de notre cerveau, éveiller notre imaginaire.
Mais si les notes basses, les notes de tête et les notes de coeur sont ici des fleurs, le chef d’orchestre de l’oeuvre est le Temps. A la clef, il y a la patience.
Les senteurs élèvent l’homme en jouant sur le registre de l’expérience de la mémoire olfactive.
C’est pourquoi la médecine d’aujourd’hui, renouant avec celle d’hier, a développé un nouveau champ de recherches à travers la création de jardins thérapeutiques.
Quant on connait les vertus et les anciens usages des plantes sélectionnées pour le jardin de senteurs de Mirabel, on imagine bien qu’un astrophysicien dise, en le parcourant, respirez une fleur et une éoile frémit.
Corine de Royer (Présidente de l’association L’Atelier des plantes)